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Errance
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Errance

VIP-Blog de vagabond74
  • 214 articles publiés dans cette catégorie
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  • 1 visiteur aujourd'hui
  • Créé le : 05/12/2007 10:52
    Modifié : 23/04/2014 17:11

    Fille (60 ans)
    Origine : Haute-Savoie
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    Nuit de neige

     

    La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.

    Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.

    Mais on entend parfois, comme une morne plainte,

    Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

    *

    Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.

    L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;

    Des arbres dépouillés dressent à l'horizon

    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

    *

    La lune est large et pâle et semble se hâter.

    On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.

    De son morne regard elle parcourt la terre,

    Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

    *

    Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,

    Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;

    Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,

    Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

    *

    Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !

    Un vent glacé frissonne et court par les allées ;

    Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,

    Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

    *

    Dans les grands arbres nus que couvre le verglas

    Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;

    De leur oeil inquiet ils regardent la neige,

    Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

    *

    Guy de Maupassant










     

     

    La grenouille dans la marmite d'eau

    (sommes-nous déjà à moitié cuits ?) 

    Il s'agit du principe de la grenouille chauffée :

    Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille.

    - Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement.

    Elle est bientôt tiède.

    - La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.

    - La température continue à grimper.

    L'eau est maintenant chaude.

    C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.

    - L'eau est cette fois vraiment chaude.

    La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.

    - La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.

    - Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.

    Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte .

    - Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.

    Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.

    AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.

    Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire DRAMATIQUES.

    Le GAVAGE PERMANENT d'informations de la part des médias sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses... 

    Lorsque j'ai annoncé ces choses pour la première fois, c'était pour demain.

    Là, C'EST POUR AUJOURD'HUI.

    Alors si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard.

    Olivier Clerc

     










     

     

    Les soleils de septembre

     

    Sous ces rayons cléments des soleils de septembre

    Le ciel est doux, mais pâle, et la terre jaunit.

    Dans les forêts la feuille a la couleur de l’ambre ;

    L’oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.

    _

    Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles ;

    La faucille a passé sur l’épi d’or des blés ;

    On n’entend plus dans l’air des frémissements d’ailes :

    Le merle siffle seul au fond des bois troublés.

    _

    La mousse est sans parfum, les herbes sans mollesse ;

    Le jonc sur les étangs se penche soucieux ;

    Le soleil, qui pâlit, d’une tiède tristesse

    Emplit au loin la plaine et les monts et les cieux.

    _

    Les jours s’abrègent ; l’eau qui court dans la vallée

    N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air :

    Il semble que la terre, et frileuse et voilée,

    Dans ses premiers frissons sente arriver l’hiver.

    _

    Ô changeantes saisons ! ô lois inexorables !

    De quel deuil la nature, hélas ! va se couvrir !

    Soleils des mois heureux, printemps irréparables,

    Adieu ! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.

    _

    Mais console-toi, terre ! ô Nature ! ô Cybèle !

    L’hiver est un sommeil et n’est point le trépas :

    Les printemps reviendront te faire verte et belle ;

    L’homme vieillit et meurt, toi, tu ne vieillis pas !

    _

    Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure,

    Sous les arceaux feuillus leurs murmures chanteurs ;

    Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure ;

    Aux lilas du vallon tu rendras ses senteurs.

    _

    Ah ! des germes captifs quand tu fondras les chaînes,

    Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur,

    Tu feras refleurir les roses et les chênes,

    Ô Nature ! avec eux fais refleurir mon cœur !

    _

    Rends à mon sein tari les poétiques sèves,

    Verse en moi les chaleurs dont l’âme se nourrit,

    Fais éclore à mon front les gerbes de mes rêves,

    Couvre mes rameaux nus des fleurs de mon esprit.

    _

    Sans l’ivresse des chants, ma haute et chère ivresse,

    Sans le bonheur d’aimer, que m’importent les jours !

    Ô soleils! ô printemps ! je ne veux la jeunesse

    Que pour toujours chanter, que pour aimer toujours !

    Auguste Lacaussade


    Myspace Layouts








    C'est aujourd'hui l'été

    **

    Chaleur

    Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

    Le jour est brûlant comme un fruit

    Que le soleil fendille et cuit.

    *

    Chaque petite feuille est chaude

    Et miroite dans l’air où rôde

     Comme un parfum de reine-claude.

    *

    Du soleil comme de l’eau pleut

    Sur tout le pays jaune et bleu

    Qui grésille et oscille un peu.

    *

    Un infini plaisir de vivre

    S’élance de la forêt ivre,

    Des blés roses comme du cuivre.

    Anna de Noailles

    __

    C'est aussi la fête de la musique








    L'éternelle chanson

    02/04/2012 11:06

    L'éternelle chanson


    Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

    Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

    Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

    Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

    Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

    Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,

    Et je te sourirai tout en branlant la tête,

    Et nous ferons un couple adorable de vieux.

    Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

    Avec de petits yeux attendris et brillants,

    Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

    Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

    *

    Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,

    Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,

    Nous aurons une joie attendrie et très douce,

    La phrase finissant toujours par un baiser.

    Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ?

    Alors avec grand soin nous le recompterons.

    Nous nous ressouviendrons de mille choses, même

    De petits riens exquis dont nous radoterons.

    Un rayon descendra, d'une caresse douce,

    Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,

    Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,

    Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

    *

    Et comme chaque jour je t'aime davantage,

    Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain,

    Qu'importeront alors les rides du visage ?

    Mon amour se fera plus grave - et serein.

    Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent,

    Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.

    Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent

    Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens.

    C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,

    Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main

    Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage,

    Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.

    *

    Et de ce cher amour qui passe comme un rêve,

    Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur, 

    Retenir s'il se peut l'impression trop brève

    Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.

    J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,

    Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ;

    Je serai riche alors d'une richesse rare

    J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours !

    Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève,

    Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;

    Et de ce cher amour qui passe comme un rêve

    J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.

    *

    Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

    Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

    Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

    Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

    Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

    Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan,

    Et je te sourirai tout en branlant la tête

    Et tu me parleras d'amour en chevrotant.

    Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

    Avec de petits yeux attendris et brillants,

    Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille

    Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

     

    Rosemonde Gérard










     

    Une belle femme et le vin font de doux poisons.

    *

    Qui n'aime point le vin, les femmes ni le chant restera sot toute sa vie.

    *

    Quand les cheveux commencent à blanchir, Laisse la femme et prends le vin.

    *

    Les femmes froides sont pareilles aux buveurs d'eau qui acceptent un verre de vin et trinquent par politesse.

    *

    L'eau gâte le vin, la charrette le chemin, et la femme l'homme.

    *

    Le second amour d’une femme, ressemble au vin d’une bouteille mal rincée.










     

    Printemps

    Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

    Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,

    Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

    Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

    Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

    L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

    Il semble que tout rit, et que les arbres verts

    Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

    Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;

    Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,

    A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

    Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.

     

    Victor Hugo 








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